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Nagasaki - GD PRIX DE L'ACADEMIE FRANCAISE 2010
Collection : 
Parution : 
18/08/2010
112 pages
Format :
120 x 185 mm
EAN : 
9782234061668
Prix: 
13.20 €

Nagasaki - GD PRIX DE L'ACADEMIE FRANCAISE 2010

« Clandestine depuis un an 
Il s’étonnait de voir des aliments disparaître de sa cuisine : un quinquagénaire célibataire des quartiers sud a installé une caméra et constaté qu’une inconnue déambulait chez lui en son absence. »

Un simple fait divers dans un quotidien du matin à Nagasaki. 
Tout commence par des disparitions, en effet, des déplacements d’objets. 
Shimura-san vit seul dans une maison silencieuse qui fait face aux chantiers navals de Nagasaki. C’est un homme ordinaire, qui rejoint chaque matin la station météorologique de la ville en maudissant le chant des cigales, déjeune seul et rentre tôt dans une retraite qui n’a pas d’odeur, sauf celle de l’ordre et de la mesure. 
Depuis quelque temps déjà, il répertorie scrupuleusement les niveaux et les quantités de nourriture stockée dans chaque placard de sa cuisine. Dans ce monde contre lequel l’imprévu ne pouvait rien, un bouleversement s’est produit. 
Devant l’écran de son ordinateur et grâce à sa caméra, Shimura-san finit par apercevoir l’intruse. Il y a bien quelqu’un chez lui. Il a vu son profil. Il l’observe. Il attend d’être sûr. Est-ce une hallucination, un fantôme de ses échecs sentimentaux passés, une amante amère et revancharde ? Il finit par appeler la police. L’invitée est embarquée et mise en cellule. 
On apprendra par les agents en charge de l’enquête et lors du jugement que cette femme à peine plus âgée que son hôte avait trouvé refuge chez lui au cours de son errance. Il partait sans fermer à clé, seule concession à sa maîtrise. On lira qu’elle aimait sentir sur sa peau le rai de lumière qui traversait la pièce l’après-midi et l’odeur des draps propres dans l’armoire qui lui servait de chambre. Tel un animal, cette femme sans passé sentait la menace, détectait le bruit des pas et bondissait se cacher, à l’abri du danger. Elle ne voulait rien de plus qu’être là, sans déranger. Elle aussi était seule. 
On apprendra bien d’autres choses encore ; sur la mémoire des lieux et la mémoire tout court, dans une lettre finale que la « clandestine » adressera au maître des lieux, désertés.

HIDEAWAY FOR A YEAR

Rights sold to Catalonia (1984), China (Shangai Translation), Croatia (Bozicevic),  Denmark (Arvids), Hungary (Goncal Kiado KFT), Italy (Barbès), Korea (Book 21), Poland (Emka), Portugal (Gradiva), Russia (AST-Release Holdings), Serbia (Geopoetika), Spain (Salamandra),  and Taiwan (Acropolis).

English and German sample translation available

He was surprised to see food disappearing from his kitchen: a bachelor in his fifties in the southern part of town set up a camera and discovered that a woman he didn’t know was wandering round his house while he was out.”

A minor news item in the Nagasaki morning daily.

It really does all start with disappearances, with things being moved.

Shimura-san lives alone in a quiet house opposite Nagasaki’s shipyards. He’s an ordinary man who curses the chanting cicadas every morning on his way to the city’s weather station, who has lunch alone and goes home early to a retirement devoid of colour except for the bland shades of order and regularity.

For some time now, he has kept a scrupulous record of levels and quantities of food stocked in each of his kitchen cupboards. In this world where even the unpredictable can change nothing, something extraordinary has happened.

Sitting at his computer and thanks to his camera, Shimura-san eventually spots the intruder. There really is someone in his house. He’s seen her profile. He watches her, waits till he is sure. Is it a hallucination, a ghost from his previous romantic failures, a bitter and vengeful former lover? In the end he calls the police. The guest is taken away and locked in a cell.

At the time of the trial we learn that this woman who is barely older than her host found refuge in his house on her travels. He would go out without locking the door, the only concession in his life of control. We learn that she liked to feel the sunlight filtering across the room in the afternoon and coming to rest on her skin, and the smell of clean sheets in the cupboard she used as a bedroom. This woman with no past sensed danger like an animal, detected the sound of footsteps and bolted for cover, taking shelter. She asked for nothing more than to be here, in no one’s way. She too was alone.

We discover plenty more: about the memories a place has and about memory in general, in the final letter that the “hideaway” writes to the owner of those now deserted premises.

Eric Faye has had several books published by Stock: Croisière en mer des pluies (1999), Les cendres de mon avenir (2001), La durée d’une vie sans toi (2003), Mes trains de nuit (2005), Le syndicat des pauvres types (2006), L’homme sans empreintes (2008) and Nous aurons toujours Paris (2009).