« Plus une société est exposée à une langue dégradée, plus elle est susceptible d’entrer dans un état de servitude volontaire. »
M. R.-L.
Dans les lycées où il enseigne, Mathieu Roger-Lacan constate une souffrance invisible face à l’apprentissage du français. Un nombre croissant d’élèves se trouve dans un état de précarité linguistique. À droite comme à gauche, cette situation fait l’objet de reprises idéologiques, sans que la question soit posée avec réalisme ni lucidité.
L’enjeu dépasse les murs de l’école et engage toute la société, à un moment où l’intelligence artificielle révolutionne notre rapport au langage dans des proportions que nous peinons encore à comprendre.
Car ce qui est menacé, c’est la capacité de chacun à s’informer, à concevoir des idées et à les exprimer librement. La perte de pouvoir sur la langue aliène les individus, divise, et nourritles inégalités.
Avoir une langue à soi est la condition fondamentale de nos démocraties.

